Quand mon psy ET ma diet m’ont parlé de Feeleat, sans se concerter, à une semaine d’intervalle, je me suis dit que je n’avais rien à perdre d’essayer.

J’avais déjà entendu parler de cette app en surfant sur les réseaux sociaux. Je suis les comptes Instagram et Facebook où j’échange régulièrement avec d’autres membres de la « feeleatfamily ». Ce compte m’aide à relativiser, à extérioriser, à me rendre compte que je ne suis pas la seule à traverser l’épreuve des troubles alimentaires. Bizarrement, je n’avais pas encore sauté le pas de télécharger l’appli. En fait, j’étais absolument contre tout outil qui pourrait me plonger dans les travers du contrôle alimentaire, le comptage de calories, l’obsession de l’assiette.

Après plusieurs jours (semaines ?) d’hésitation, je me suis finalement lancée.

Loin d’être une baguette magique qui vous guérira du jour au lendemain, je veux témoigner des bénéfices que m’a apporté l’utilisation de l’appli. Je tiens à préciser que personne ne m’a demandé de rédiger cet article.

Mais il m’aide aussi à tirer le bilan de ce que j’ai compris de moi grâce à Feeleat.

Les points positifs

Pour que vous compreniez un peu mieux ce bilan, il faut que je vous résume un peu mon « rapport » avec mes troubles alimentaires.
J’en souffre depuis maintenant presque 10 ans.
Je prône à qui veut l’entendre (mes médecins en somme) que je ne vais pas si mal.
Objectivement, je pensais aller « bien », être sur la bonne voie.

En utilisant l’appli, j’ai réalisé que les points positifs sont peu nombreux.
J’ai réalisé que je me mentais à moi-même. Ce qu’on appelle le déni ?

Une claque. Nécessaire sûrement.

Mais j’ai quand même trouvé quelques points positifs, heureusement :

  • J’ai réalisé que je mange hyper varié. De tout. Sans problème ni anxiété. De la viande, du poisson, des matières grasses, des pâtisseries, de la salade, des légumes, des féculents, du fromage râpé, aucun produit allégé,
  • Je suis hyper rigoureuse, je ne saute jamais aucun repas et je fais systématiquement des repas « complets », c’est à dire avec un plat complet et un voire des desserts (mon pêcher mignon),
  • Je n’ai pas de TOC ni de routine alimentaire, hormis au petit déjeuner peut-être mais je me dis que la plupart des gens prennent toujours le même petit déjeuner et que ce n’est pas si grave… ?
  • Je suis résolument optimiste. Mes humeurs sont stables.

A lire : Travailler sur soi pour guérir de l’intérieur

Les points négatifs

Ouch.

Pour vous expliquer un peu mieux comment j’ai pu constater ces points négatifs, l’appli vous permet d’enregistrer vos repas mais pas seulement. Vous pouvez enregistrer vos humeurs, vos douleurs, et même comme dans un journal intime, noter vos victoires du jour ou vos « échecs » / vos difficultés.

Au début, mon psy m’a demandé de lui envoyer le bilan de mes journées chaque soir, ce qui m’a poussée à prendre du recul systématiquement sur mes actes.
Etaient-ils dictés par le trouble alimentaire ou par mes envies en tant que personne saine ?

J’ai alors identifié tout un tas de petits dysfonctionnements tout au long de mes journées.

  • Le premier que je vais citer est risible et sûrement anodin, mais c’en est un qui m’a beaucoup marquée car j’y pense maintenant systématiquement pour ne pas le répéter : un soir, j’ai voulu manger une pêche. J’ai pelé la pêche. Mais j’ai pelé + que juste la peau de la pêche. Un peu +, comme pour en enlever un peu +. Comme si peler 1mm de + de cette pêche me ferait moins de mal que si je gardais ce millimètre anodin.
  • J’ai pris conscience de mon isolement. Isolement que je qualifierai de « volontaire ». Dans 80 % des cas, je prends mes repas seule. Ce qui  ne veut pas dire que je ne prends pas des repas complets. Et si je prends du recul, j’aurais pourtant la possibilité de prendre chacun de mes repas sans exception en communauté. Que ce soit avec des relations professionnelles pour le déjeuner, ou avec des amis en soirée ou le weekend.
  • De façon contradictoire, je prends du plaisir quand je suis en famille sur des longues périodes et que je prends donc tous mes repas avec des personnes. Apparemment, manger avec ma famille me rassure plus qu’avec n’importe qui d’autres. Ou peut-être que comme dans ces moments là je n’ai pas le choix, je ne me pose pas la question et ça se passe bien… ?
  • J’ai réalisé que mes portions sont minimes. J’ai compris ça parce que dans l’app, on peut prendre des photos de ses assiettes. Comme je dois les envoyer à mon médecin, forcément, je me pose vraiment la question de « est-ce suffisant ou pas ? ». Clairement, ça ne l’est pas.
  • De façon logique, j’ai réalisé que j’ai faim. Tout le temps.
  • Quand je vais au restaurant (que je choisis au passage), je prends toujours du poisson. SYSTEMATIQUEMENT. Alors qu’à la maison, je n’en cuisine jamais. J’ai compris que c’est par anxiété de la taille des portions et par idée reçue qu’un plat de poisson sera moins imposant qu’un plat à base de viande. Par contre, point positif, je prends toujours un dessert. Souvent un café gourmand.
  • J’annule souvent les rdv avec mes amis. Jamais avec ma famille.

 

 

Il y aurait sûrement 10 autres points, positifs comme négatifs à citer.
Mais l’essentiel de mon message est que sans l’appli et sans le soutien de mes médecins, je n’aurais jamais pu faire ces constats et travailler à corriger ces dysfonctionnements.

Vous devez vous dire « T’avais vraiment besoin d’une appli pour ça ? ».
Aujourd’hui, je me sens un peu honteuse, mais oui, apparemment, j’avais besoin d’une appli.

Le combat est loin d’être gagné du coup, mais au moins, il peut continuer sur la bonne voie.

Courage à toutes et tous.

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